Vous tous qui suivez nos aventures vous êtes habitué à me lire, depuis des années je partage avec vous mes mots, nos émotions, leurs maux et vous êtes a chaque fois présents, plus nombreux et je sais que certains d’entre vous sont enthousiastes à l’idée d’un nouvel article sur ce site.
Cette fois ci nous avons décidé de laisser cette page à quelqu’un d’autre…
Zazeen parraine depuis des années au près d’AMUR, elle nous a rejoint cette année pour partager un peu le quotidien de nos missions.
Nous vous laissons la lire, mais nous souhaitons ici la remercier encore de son investissement 😘
« Retour sur un séjour au Cambodge.
J’aime voyager mais pas forcément pour faire le tour des lieux « à voir » d’un pays ou d’une ville. Les temples, les musées, les monuments et le folklore, ça va 5 mn. Ce qui m’intéresse dans un pays, ce sont les gens, la façon dont ils vivent. J’ai rejoint Eric, Martial et Wilfried, de l’association Amur, au Cambodge une semaine après leur arrivée. Ils avaient préparé mon programme pour la durée de mon séjour afin que je puisse participer un peu à toutes les activités de l’association sans oublier de me laisser du temps libre pour découvrir la ville par moi même.
Amur intervient en trois point dans la région de Phnom Penh.
DEC ( Développement Enfance Cambodge) .
C’est là qu’actuellement, Marie et Laurine effectuent un volontariat.
C’est un centre situé dans la province de Kandal, non loin de Phnom Penh. Il accueille 37 enfants dont la plus jeune a 18 mois, les plus vieux sont de jeunes majeurs. C’est dans ce centre que nous parrainons collectivement par nos adhésions deux enfants : un jeune homme qui passera le bac cette année et qui souhaite poursuivre en étudiant le marketing, et une jeune fille qui est en fin de collège. Les enfants qui arrivent ici ne sont pas forcément orphelins mais sont confiés par le ministère. Ils dorment et mangent dans le centre et vont à l’école à l’extérieur. Certains rentrent une semaine dans leur famille à l’occasion du nouvel an Khmer en avril. Habitués à voir des occidentaux, les enfants sont très à l’aise avec nous, espiègles. Ils sont bien installés avec 4 dortoirs : petit garçons, grands garçons, petites filles et grandes filles. Ils cultivent un petit jardin qui fournit au cuisinières quelques légumes. Seiha est la fée qui gère ce centre, c’est une femme enjouée et sympathique qui dédie sa vie aux enfants.
Distribution dans les bidonvilles.
Ca commence par la répartition du riz dans des sacs individuels dans l’appartement d’Eric Martial et Wilfried, environ 600g par sac. L’association Amur intervient dans 3 bidonvilles de Phnom Penh depuis plusieurs années en distribuant un sac de riz, un œuf et un paquet de nouille à chaque habitant des bébés au vieillards ( j’ai très peu vu de gens âgés, les conditions de vie font sans doute que les gens ne vivent pas longtemps). C’est ici qu’atterrissent une grosse partie des vêtements récupérés par Amur chaque année. L’an dernier, les distributions représentaient 250 portions donc 250 personnes. Cette année, 300 portions ne sont pas suffisantes, il a fallu monter à 400 portions. La misère s’étend-elle ? On peut se le demander. Les conditions de vie sont très précaires : maisons faites de bois et de bâches sur un terrain marécageux pour les plus précaires, de bois et de tôles pour la majorité, et quelques maisons en béton financées par une ONG pour les mieux lotis. Ils vivent de ce qu’ils récupèrent : les déchets de la ville de Phnom Penh, triés et revendus : plastique, métal …Les conditions de vie sont plus que précaires. Alors à quoi ça sert , 3 mois par an de distribuer riz, œuf, et nouille toutes les semaines ? Et des vêtements, produits d’hygiène ? Ça ne change rien à leur misère ? Mais quand on voit leurs sourires, on se dit que peut être, au moins de temps en temps, ils comptent pour quelqu’un ? Comme le colibri qui essaie d’éteindre un incendie en prenant de l’eau dans son petit bec : Amur fait sa part ? Quand on pense qu’il y a beaucoup plus de bidonvilles que les trois où Amur intervient ! ( 277 d’après un article de Cambodge mag du 6 septembre 2018).
Intervention chez Domaines
Domaines : Donnes une main pour l’espoir .
Située à Kampong Speu, à 80 km de Phnom Penh, l’école a été fondée par une femme exceptionnelle : Sophoan. Cette école accueille 60 enfants : les plus jeunes (grade 1,2,3) suivent les cours à l’école, les grades 4 et 5 vont à l’école publique et les collégiens au collège. Tout le monde rentre déjeuner à Domaines et l’après midi, des cours de soutient sont dispensés. C’est dans cette école que Amur a mis en place les parrainages, nous sommes leur principal soutien. Les parrainages servent à payer le personnel : 3 cuisinières, 2 professeurs et 1 gardien de nuit ainsi que les repas quotidiens. Afin que le centre puisse bien fonctionner, il faudrait que chaque enfant ait deux parrainages. Cela permettrait de pouvoir en plus proposer un petit déjeuner ( beaucoup habitent loin ( jusqu’à 10km) et arrivent le ventre vide) , une collation avant qu’ils ne repartent dans leur famille et des cours de soutien en mathématiques et en anglais.
Je suis allée deux fois à l’école.
La première fois, ça faisait 9 mois que les enfant n’avaient pas vu les représentants d’Amur, et comme l’école est située loin de Phnom Penh en pleine campagne, ils ne voient pas souvent d’occidentaux. Beaucoup de timidité et de curiosité aussi . J’ai reconnu facilement mes deux filleules Theara (8 ans) et Seiha (16 ans) et nous avons échangé de timides sourires. Seiha, qui sur les photos ne souriait jamais, dès que nos regard se croisaient, souriait. Un pur bonheur. C’est toujours très curieux de rencontrer ses filleuls : que pensent-ils ? Que comprennent-ils ? La venue d’Amur plusieurs fois par mois pendant trois mois est l’occasion d’organiser des goûters, de petites fêtes. Bien sûr les parrains et marraines qui ont a chance de venir les voir amènent des petits cadeaux : petits j’insiste car il serait injuste vis à vis des autres enfants que certains soient couverts de cadeaux alors que d’autres n’en n’ont pas. Lorsque la cloche sonne, tous les enfants se mettent en rangs et attendent les consignes. Lors de notre première visite à Domaines, alors qu’ils étaient en rangs, une jeune fille a demandé à prendre la parole. Ce qu’elle a dit a tiré les larmes de tous les adultes : « Je remercie Amur de nous permettre d’étudier et de pouvoir manger tous les jours ». Et là, on prend une grande claque et pas un instant on ne regrette d’aider cette structure.
Pour la seconde fois, nous avions amené de quoi agrémenter les récréations : panneau de basket, ballons de basket, ballons de foot, balles de takraw (de la taille d’un ballon de hand ball mais ajouré, très populaire en Asie du sud est), cordes à sauter, élastiques, frisbees..Quel plaisir de les voir rire et jouer ! Le déjeuner à la cantine est rapide et silencieux et chaque enfant ramène son assiette et ses couverts dans la cuisine à la fin du repas. Comme c’était la fin du mois, nous avons fêté les anniversaires des enfants né en janvier. Ces anniversaires se renouvelleront tous les mois avec les enfants né dans le mois. Nous avons en même temps fêté l’anniversaire de l’école : 10 ans. Partage des gâteaux avec un petit cadeau supplémentaire pour les enfants de janvier. Après avoir mangé les gâteaux, chacun a reçu un cadeau : un livre adapté à son âge. Et c’est formidable de voir que beaucoup de petits groupes se sont formés : garçons et filles, petits et grands, pour des lecturs communes. Avec un peu de chance, beaucoup de travail, grâce à l’environnement bienveillant de Domaines, certains de ces enfants pourront peut être accéder aux études pour faire le métier qu’ils souhaitent. Cette école mérite notre aide.
Je souhaite à tous les parrains et marraines d’avoir l’occasion de faire un séjour au Cambodge et de pouvoir rencontrer non seulement ses filleuls, mais aussi Eric, Martial, Wilfried, Sophoan, Srey Mom, Visal, Bopha, Srey Chea, Seiha et tant d’autres. »








